Poésie animée et autres…

octobre 13, 2008

Le début d’une nouvelle: Il sera une foi…

SEPTEMBRE

…6h23, il fait calme encore. Quelques passants s’agitent à l’arrêt de bus, le froid est mordant et chacun a ses ruses pour s’en distraire… La circulation est rare, dans une heure ils seront des milliers à passer par ici. Ils iront rejoindre leurs vies, leurs travails, leurs uniformes… Et pour les plus chanceux, leurs maitresses, leurs amants. Ils se dirigent tous vers des directions où l’on va attendre d’eux qu’ils soient performants. En tout lieu le masque est de rigueur. Donner de soi une image, rendre la monnaie avec ou sans le sourire, c’est au choix. Se montrer fier ou timide et assumer quand même. Excuse-moi moumoune, aujourd’hui, impossible de bander, trop de pression. Tu n’es pas fâchée ? On se voit dans trois jours… Et une fois parti prendre conscience que l’on a oublié de lui dire qu’elle est toujours désirable et très belle. Ce n’est pas grave, je lui ferai livrer des fleurs. Partir se faire avaler avec les autres par la porte grande ouverte de l’usine, non merci…

C’est une habitude que Marc a prit il y a des années, chaque matin, avant de sortir de son lit, il griffonne sur un carnet la vision qu’il a du monde au réveil. Ses maîtresses en rient parfois, sont souvent curieuses, mais seulement quelques-unes ont eu la chance de s’y être promené à leur aise. Il n’y a jamais de date, seulement l’heure. Une vieille manie dont il ne narrait jamais l’origine. Il ne s’est pas marié, n’a pas eu d’enfant,  a écrit deux pièces de théâtre qui n’ont encore jamais  été jouées. Sa vie s’écoule doucement au rythme des saisons et de l’année scolaire. Septembre, automne, la rentrée, brun. Son casier judiciaire est vierge, il trouve sa vie un peu trop sage mais la préfère comme ça.

Elle, à ses cotés qui dort, c’est Aurore, c’est ce qui lui semble se rappeler, lorsqu’il l’a rencontrée, la nuit était déjà floue.  Ils n’ont pas fait l’amour, il était rassuré tout de même, c’est ce que lui apportait une présence féminine chez lui. Au matin c’était toujours le même scénario. Il avait acheté, fort bon marché, un plateau repas dont les pieds étaient radiocommandés, il suffit de presser un bouton et les pieds se déplient. A l’aide d’une petite roulette la hauteur reste sous le contrôle de l’utilisateur. Tous ces gadgets l’ennuyaient un peu, mais ils impressionnaient toujours et  rappelait le statut social de l’utilisateur. Fort bon marché qui plus est. Un accessoire de célibataire et un déjeuner de chasseur de femmes.  Plusieurs petits pots de confiture aux divers parfums, du beurre en portions individuelles, café, thés, croissants, … et un minuscule vase décoré aujourd’hui d’un petit tournesol.

Aurore ne se réveille pas mais peu importe, la rentrée n’a lieu que la semaine prochaine, il a le temps. Quand elle sera réveillée et aura déjeuné il la prendra en photo et rangera celle-ci avec les autres dans son grand album. Souvent il oublie le prénom de ses princesses d’un soir, mais jamais leurs visages, pas encore. L’album qu’il conserve n’est pas à ses yeux un tableau de chasse, mais plutôt un aide-mémoire diffusant l’inquiétude de ne pas se rappeler.  L’album ne s’ouvre que sur la pression de son pouce à un endroit connu de lui seul. Vous pourriez promener le vôtre tant et plus autour de l’objet qu’il ne se passerait rien, la reconnaissance  digitale est partout maintenant.  Tout est protégé de la même manière même ses carnets et la boîte où il range le café.

« Sélection matin câlin », cette simple phrase baigna l’appartement dans une douce ambiance musicale. « Forêt» et le paysage que semblait laisser apparaître les fenêtres se transforma, une large clairière baigné par une lumière douce comme celle que l’on peut observer certain matin de printemps. Il aime cet instant, lorsque sa maîtresse d’une nuit dort encore et qu’il se dirige vers son ordinateur. Ecrire rythme sa vie, c’est sa thérapie, il s’évade de cette de manière comme d’autre boive où consomme de la drogue.

…C’était un vagabond, il tutoyait Dieu et les étoiles. Il habitait dans sa veste avec pour annexe sa besace. Cette vieille sacoche plus âgée que lui l’accompagnait à chacun de ses pas, presque. Il était l’un de mes plus proches amis, il est mort, comme il a vécu, sans rien dire à personne. Il passait la nuit chez moi ce jour-là, un dimanche, comme notre Seigneur disait-il, je me repose après 6 jours de marche. Il ne restait jamais, ne s’arrêtait nulle part, jamais, sauf le samedi. Quelque soit l’endroit où ses pas le menaient, il ne partait que le lundi matin, tôt. Il était ainsi. Il ne s’annonçait jamais, et toujours quand il passait me trouvait. Je mentirais si je prétendais l’attendre, je regardais parfois la pendule au mur et tristement me disais, minuit et quart, il ne passera plus…

Aurore se réveille doucement, elle est réveillé mais reste allongée les yeux fermés. Marc sait qu’elle est éveillée mais il respecte ces moments, tiques et manies de chacune. Elle s’assied, remet ses cheveux en place où ses idées, où encore les deux. Elle reste silencieuse, elle ne parle pas le matin, c’est come ça…

C’est le grille pain qui va rompre la glace, c’est un modèle ancien, pas un de ceux…

juin 13, 2008

Roman à voies multiples

J’y travaille, de toutes mes force à ce roman à voies multiples. C’est difficile, plus j’avance dans la structure, plus je me rend compte de tous ces détails auxquels je n’avais pas pensé et qui se dressent comme autant de remparts qu’il me faut escalader. Chacun d’entre eux en laisse apparaître de nouveau. Ce sont sont des accouchements salvateurs, ce roman, étrangement, agît sur moi, me prend la plupart de mes ressources, mais il avance, se dessine, j’espère sincèrement pouvoir vous en faire partager les premières lignes très bientôt.

Je vous tiendrai au courant de son avancement.

Belle journée. 

juin 8, 2008

En savoir plus sur Charles

Charles, les illusions, il y a longtemps qu’il les a enterrées, sous des litres de vin et d’autres alcools divers. Il est blessé, bien sûr, cette blessure, il la tient secrète, il faut que tout le monde sache qu’il est supérieur à bien des niveaux, c’est un peu pour ça que c’est si triste de le voir ruiner sa vie. Il trouve parfois les bras réconfortants d’une amie dont il aimerait recevoir plus, mais c’est déjà ça. Parfois une maîtresse, au détour d’un comptoir, le hasard. Un de ceux qui sont de bien courtes durées, quelques jours, quelques nuits, sa tristesse et son désespoir apparaissent bien vite comme un puits de danaïde, impossible à combler, aussi maternant soit-on. Il reste les amitiés, plus fausses que vraies, le bistrot, le travail et dodo… Au moins, il évite le métro.

Pourquoi vit-il, guidé par son égo, pour voir les choses se dérouler comme il a prévu qu’elles se déroulent, pour garder le contrôle, pour prouver au monde que l’on peut être dépressif et survivre… Pour l’espoir, car il en reste dans cette carcasse. Une pincée, un soupçon, semblant insignifiant peut-être, mais présent. Un germe endormi n’attendant qu’à être réveillé par un stimulus extérieur. C’est son histoire que je vous propose de suivre au fil de ces pages, le comment, par quelle magie, un jour, sa vie a changé, sans qu’il ne s’en aperçoive, au début, imperceptible songe. Comment croire le réel lorsqu’il devient lumineux ?

C’était un jour comme les autres, un samedi, ça c’est sûr, mais la date, impossible à confirmer. Avant, j’aurai probablement inscrit ça quelque part, pour me permettre de m’en rappeler. Donner les faits dans tous leurs détails. Maintenant, ça n’a plus la même importance. J’ai du le noter, je dois avoir jeté ça avec le reste.

Qu’est-ce qu’il m’a fallut du temps pour comprendre…

 

juin 3, 2008

un extrait au hasard d’un roman en cours…

Classé dans : Roman à voix multiples... — braloup @ 9:30
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SEPTEMBRE

 

6h23, il fait calme encore. Quelques passants s’agitent à l’arrêt de bus, le froid est mordant et chacun a ses ruses pour s’en distraire… La circulation est rare, dans une heure ils seront des milliers à passer par ici. Ils iront rejoindre leurs vies, leurs travails, leurs uniformes… Et pour les plus chanceux, leurs maitresses, leurs amants. Ils se dirigent tous vers des directions où l’on va attendre d’eux qu’ils soient performants. En tout lieu le masque est de rigueur. Donner de soi une image, rendre la monnaie avec ou sans le sourire, c’est au choix. Se montrer fier ou timide et assumer quand même. Excuse-moi moumoune, aujourd’hui, impossible de bander, trop de pression. Tu n’es pas fâchée ? On se voit dans trois jours… Et une fois parti prendre conscience que l’on a oublié de lui dire qu’elle est toujours désirable et très belle. Ce n’est pas grave, je lui ferai livrer des fleurs.  Partir se faire avaler avec les autres par la porte grande ouverte de l’usine, non merci…

 

C’est une habitude que Marc a prit il y a des années, chaque matin, avant de sortir de son lit, il griffonne sur un carnet la vision qu’il a du monde au réveil. Ses maîtresses en rient parfois, sont souvent curieuses, mais seulement quelques-unes ont eu la chance de s’y être promené à leur aise. Il n’y a jamais de date, seulement l’heure. Une vieille manie dont il ne narrait jamais l’origine. Il ne s’est pas marié, n’a pas eu d’enfant,  a écrit deux pièces de théâtre qui n’ont encore jamais  été jouées. Sa vie s’écoule doucement au rythme des saisons et de l’année scolaire. Septembre, automne, la rentrée, brun. Son casier judiciaire est vierge, il trouve sa vie un peu trop sage mais la préfère comme ça.

mai 25, 2008

Début du roman à voies multiples

Vous pourrez bientôt naviguer dans ce roman, voilà toujours le début…

Bonjour et bienvenue dans votre roman à voies multiples. Je dis votre roman car c’est de cela qu’il s’agît. Vous allez avoir le choix, inhabituel pour un lecteur, de la trame que va suivre votre roman. Appeler ça le hasard, le libre arbitre, l’instinct ou autre chose encore… Peut importe.  Pour vous familiariser avec le système de navigation que je vais vous proposer, vous allez trouver sur cette page quatre portes d’entrées, quatre directions comme autant de points cardinaux semblant s’éloigner l’un de l’autre sans jamais pouvoir se rencontrer, si ce n’est sans compter sur ces courbes appelées hasard. Ces chemins qui nous semblent droits, tracé rectiligne qui pourtant tourne en rond… Qu’il est facile de se perdre dans un désert..  Nous allons nous promener à l’intérieure de quatre tranches de vies, prise au hasard sur la ligne du temps. Pour vous aider à choisir lequel de ces personnages vous voulez suivre en premier, une description succincte de chacun d’entre eux s’impose, là voilà…

Arthur est lunatique, si les conventions le permettaient, c’est comme ça qu’il se présenterait : « Bonjour, Arthur, lunatique… ». Bien sûr, lorsqu’on est brillant, que l’on fait la fierté de la direction, il y a des choses que l’on cache. Il mène une double vie, non pas qu’il s’est marié deux fois, mais il y a le jour et la nuit, le travail et la vie privée, la cravate strictement ajustée et le jeans basket  qu’il ne quitte à son retour que pour se coucher.

Sa créativité, il l’a mise au service de la consommation, il est publicitaire. C’est plus rentable que de se faire artiste et tenter de conquérir le cœur d’un public, là, c’est un groupe de dirigeant qu’il suffit de séduire. S’ils sont convaincus, vous aurez pour public le badaud, le cycliste, celui dans son auto qui s’ennuie, la patiente assise dans la salle d’attente du docteur et bien d’autres encore… Etre vu, anonymement peut-être, sauf si on vous remet un prix, et encore, anonyme quand même mais regardé et c’est très bien ainsi.

 Murielle est plutôt jolie, tiraillée elle aussi, pour d’autres raisons. La nature l’a faite femme, correspondant au canon de ce que notre société attend des nymphes de son âge que je ne citerai pas ici, par galanterie, ça va de soi. Disons simplement qu’elle n’a plus tout à fais trente ans, pas encore vraiment quarante… Par là… A l’intérieur, elle est plutôt garçon manqué, elle échangerait volontiers ses cheveux longs mi-long de poupée contre une coupe plus courte, à la garçonne, mais il lui faudrait alors changer sa garde robe, et puis la plupart des ses amis ne comprendraient peut-être pas. C’est peut-être un caprice d’enfant trop gâté, ou la volonté de pouvoir évoluer plus facilement dans le monde du travail, dans le monde tout court…

Les boulots, elle les enchaîne, d’intérim en intérim sans jamais se poser. En amour non plus d’ailleurs, ce n’est pas faute de mauvaise volonté, les circonstances de la vie, le manque de chance, les mauvais choix, peut-être… Demain, il fera jour, et c’est déjà très bien comme ça…

 

Charles brûle sa vie par les deux bouts. Il travaille, dans une compagnie d’assurance, gagne bien sa vie et boit beaucoup. Pas besoin de se cacher, les gens de son statut se sentent suffisant solidaire, l’épicurisme fait partie du métier. C’est une haute distinction que d’être border ligne, il n’en parle pas en ces termes, bien sûr, ils disent plus volontiers que celui-là, il tient plutôt bien l’alcool, il dort trois heures et il est opérationnel. C’est plus noble, mais ce n’est jamais que de la gestion, paraître le plus mal dans sa peau possible, tant que le commun des mortels ne pourrait le supporter, et assumer tout de même ce qui lui incombe comme responsabilités.

A partir d’un certain âge, les yeux de cocker tristes ne font plus craquer les jeunes filles que l’on regarde, les jeunes femmes que l’on tente de séduire. On fait peur, forcément, on le sait, alors on en rajoute, si tu ne m’aime pas, au moins, je te ferais peur. C’est moi que je protège, mais ça, je ne te le dirai jamais, c’est comme ça…

  • “http://braloup.wordpress.com/2008/06/08/”
  • François, lui, c’est l’électron libre. Il est tout et rien à la fois. Les conventions, il en joue, les enfreint, parfois, pas trop souvent, il agace, mais souvent on lui pardonne. Quand ce n’est pas le cas, c’est plutôt une haine tenace qu’on lui garde, on ne manquera pas de lui faire remarquer quand on le verra, si on le voit. D’habitudes, à proprement parler, il n’en a pas on peut le voir tous les jours, des semaines durant au même endroit, au point de croire qu’il y vit, et puis, plus rien, plus de lui, un certain temps, puis il revient. Il voit certains de ses amis de loin en loin, puis tous les jours, un temps, ensuite plus rien, des années durant, parfois. On le croise à nouveau, c’est comme si les années fondaient pour se transformer en jour.

    Trublion convaincu, il en a fait une force, un cri de guerre. Il fait ça par amour pour le genre humain, c’est ce qu’il dit et c’est probablement vrai, mais c’est probablement aussi pour étouffer une douleur qu’il porte en lui, un peu. L’âge a fait se calmer sa sauvagerie, il le vit plutôt bien

       

     

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