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décembre 19, 2009

Dans le principe 17-12-2009

Je me sens apatride de bien des façons et ne m’inscris pas unilatéralement au sein d’un courant plutôt qu’un autre. Ce serait mentir que de ne pas avouer une affection toute particulière pour le hassidisme. Sans haine aucune, ni rancœur pour les autres courants. Je connais si peu là où il y a tant à savoir. Une seule chose importe pour moi, je vous la livre sous forme de conte.

Un grand rabbin, dont le nom est perdu dans ma mémoire, un jour qu’il enseignait, posa cette question à ses élèves : « Quelle fût le plus grand drame qu’ait connu le peuple juif ? ». Chacun avança sa réponse. L’un dit la Shoah. L’autre la deuxième destruction du temple, l’esclavage en Egypte,… Mais à chaque fois le maitre opposait un non catégorique. Lorsque chacun fût à cour d’argument, il prit la parole. Ce n’est rien de tout cela mes enfants. En réalité, c’est le jour où la Torah est devenu une religion. »

C’est ici un peu le thème. La torah, les cinq premiers livres de l’ancien testament sont une grille de lecture à mes yeux. Un traité psychanalytique de la psyché humaine écrit il y a fort, fort longtemps. Philon d’Alexandrie, trente ans déjà avant que l’on décida de compter les années, le prétendait : « Est-ce là une réalité historique ? Peut-être. Mais c’est avant tout un conte qui doit être lu comme tel. » Une carte routière de ce par quoi nous passons en terme d’étapes, d’enseignements, tout au long de notre vie d’humain. Les embuches susceptibles d’être rencontrées sur notre chemin de vie, les ornières qu’il est préférable  d’éviter. C’est un miroir de l’âme et c’est un grand pouvoir que de connaître l’âme humaine. Ce pouvoir peut être au service de chacun d’entre nous. Ce cadeau, nous pouvons nous le faire. Je vous invite à vous poser chacun, individuellement, à vous poser une simple question. Répondez-y franchement, dans le secret de votre cœur. Sur une échelle de 1 à 100, cent étant le plus haut degré de réalité pour vous, à combien évaluez-vous cette affirmation : « Je suis la seule autorité valable, pour moi, dans cette vie. ». Eh oui, nous avons tous ce pouvoir, nous sommes même peut-être beaucoup à penser en user, voir en abuser, sans commune mesure. Malgré tout, nous cédons régulièrement cette autorité à un autre, aux autres. C’est lorsque nous nous conformons à des attentes n’étant pas les nôtres. Lorsque nos réflexions ne sont pas les nôtres. Les exemples sont nombreux, nul besoin de dresser une liste exhaustive. Ce comportement est souvent adopté pour se sentir moins coupable, moins responsable. Avez-vous remarqué à quel point ces deux mots sont si mal assortis ? Ils sont si souvent conjugués ensemble à la manière d’une fatalité. Eh bien on vous a menti. Lorsque ces deux mots sont associés, c’est souvent lorsque l’on souhaite manipuler sans ruse, sans originalité.

La sacro sainte culpabilité. J’entends souvent dire autour de moi qu’il s’agit d’un héritage de notre éducation judéo-chrétienne. Judéo-chrétien ne veut pas dire grand-chose dans mon système de croyance, si ce n’est de rappeler que le christ était Juif. La culture Juive et la culture Chrétienne sont très différentes. J’étudie la première depuis environ dix ans, j’ai grandi dans l’autre. Nous partageons un livre sacré mais ne le lisons pas de la même manière. Le concept de péché, au sens où nous le connaissons, n’existe pas dans le judaïsme. Le mot faute est plus généralement entendu comme étant « manquer la cible », se « tromper ». L’erreur est un moyen, le but en soi est d’apprendre. Ce n’est en rien un poids, ni un fardeau. C’est tout au plus une valise vide trainée derrière soi à laquelle nous accordons tout le poids que nous voulons bien lui donner.

C’est l’histoire d’un homme, d’une femme. Ils sont debout sur le quai d’une gare. Ils portent une valise, ils attendent le train. Tout à coup, l’un d’entre eux dépose la sienne, sans que l’on sache pourquoi, sur le sol, l’ouvre, et se rend compte qu’elle est vide. L’autre fasciné par ce qu’il venait de voir, se dit qu’il en va peut-être de même dans son propre cas. Émerveillé tellement qu’il ne voit pas le train partir, ni la valise abandonnée sur le quai, et garde la sienne, bien serrée la main pour ne pas la perdre…

Il est fort dommage que l’Eglise soit le bouc émissaire de toute cette histoire. Nous n’avons en réalité hérité de rien. Nous avons choisi la valise vide par confort. La culpabilité s’est substituée à la responsabilité, ce doit être un garde fou plus efficace. La vérité, dans mon système de croyance, c’est que l’on peut choisir d’être la seule autorité valable pour nous, dans cette vie. Ce qui n’exclut en rien la croyance en quelque chose de supérieur, qu’ils soient dieux, déesses, d.ieu un, autre… Voir, de ne croire en rien.

Le plus beau cadeau qu’ait fait le créateur dans un acte d’amour n’attendant rien, c’est le libre arbitre. Sa créature a la capacité d’être pleinement consciente d’elle-même, certains le sont même parfois à l’excès. Même si c’est difficile pour beaucoup d’entre nous, nous avons la capacité d’apprendre de nos erreurs, c’est le mouvement de la vie. Si seulement nous pouvions faire le choix, et le renouveler autant de fois que cela est nécessaire, d’accepter que l’expérience ne se transmet pas. Cette adage populaire est souvent servi sur lit de fatalisme, et bien moi je dis, heureusement qu’il en est ainsi. Qu’apprenons-nous le mieux si ce n’est de ce dont nous faisons l’expérience. Ne sommes-nous pas riches de nos erreurs ?

Le petit garçon regarde le poêle, c’est chaud, attirant, il tend la main. Maman n’est pas loin, elle arrête le geste du poupon et lui explique qu’il ne faut pas toucher à ça, que c’est chaud, qu’il va se brûler. Ensuite elle s’en va. Le bambin est seul, l’objet de son désir lui semble plus à portée que jamais, il tend la main, comprend tout un coup ce que signifie chaud et brûler.

Paulo Coelho, dans « Le guerrier de la lumière », étire une tirade où tous en bien des points nous pouvons nous reconnaître. « Tous les guerriers de la lumière ont menti. Tous les guerriers de la lumière ont trahi. … ont volé. » … et la liste est longue. La fin m’a arraché quelques larmes. « Et c’est pour ces raisons que ce sont des guerriers de lumière. » Quelle admirable réparation il effectue là. Dans la tradition juive, nous apprenons de nos erreurs. Dans la tradition Juive, D.ieu n’est pas accompli. Il évolue, innommable, inconnaissable, dans un insaisissable espace temps où il oscille perpétuellement entre l’accompli et l’inaccompli, entre la lumière et la ténèbres. Perpétuellement car tout un qu’il est, l’unité n’est pas de ce monde. Pour se parer de cet attribut d’unité, il lui faudrait quitter sa création. D.ieu se limite pour créer le monde, c’est là la plus grande preuve d’amour qu’il fait à l’être humain, il se place à son niveau, vit cet exemple qu’il nous propose de vivre. De l’inaccompli vers l’accompli, quittant l’accompli pour plonger dans l’inaccompli et ainsi de suite. La vitesse à laquelle tout cela se passe dépasse tout entendement humain et ferait pâlir de jalousie n’importe lequel des accélérateurs de particules suisses. Le but ici est de partager avec vous une croyance, une grille de lecture. Ce n’est pas la réalité, c’est ma réalité.

Entrons maintenant dans le vif de notre sujet, la toute première lettre introduisant le texte est beith, c’est à la fois une lettre et un mot, ce mot peut se traduire par maison et sa valeur numérique est de deux. C’est donc le nombre deux qui introduit la création, j’insiste sur cette lettre car elle a été choisie par l’Eternel. Un conte nous rapporte l’histoire de la rédaction de la Torah, toutes les lettres se sont présentées devant Adonaï, de la vingt-deuxième (tav), à la deuxième (beith). Aucune avant cette dernière n’avait trouvé grâce à ses yeux pour présider à la Création. On dit aussi d’elle qu’elle contient toute la Torah. Les cinq livres sont tout entiers contenus dans le premier. Le premier livre tout entier contenu dans le premier chapitre. Lui-même contenu dans le premier verset. Tout entier contenu dans le premier mot. Ce dernier tout entier contenu dans la première lettre, ayant pour valeur deux. Le aleph, la première lettre, n’ayant rien demandé, yod hé vav hé lui accorda qu’il présiderait au monde futur. Aleph a pour valeur un. On peut donc dire que le monde futur est unité et que notre monde actuel est dualité. Le deux aspire amoureusement à retourner au un, il en a la nostalgie. Pour se rapprocher de lui, il doit cheminer, se mettre en route, quête initiatrice le conduisant dans ses profondeurs, toujours plus profondément. L’homme et la femme de bonne volonté peuvent vivre cette expérience comme étant un marchepied donnant accès à de plus hauts plans de connaissance de nous, de consciences, et donc de la vie. « Connais-toi toi-même et tu connaitras les secrets des dieux et de l’univers. » Cette connaissance est toute autre chose qu’un instrument de parade, lorsque nous nous élevons dans de telles hauteurs, il est normal de plonger plus profondément en soi, dans ses profondeurs. Se connaître mieux pour monter plus haut encore, et en toute confiance plonger plus profondément encore. Ressortir victorieux pour gravir un échelon supplémentaire. Le voilà le plus beau cadeau fait à l’être humain, le libre arbitre, le pouvoir du choix. Choisir de frôler les hauteurs, dans un sens comme dans l’autre. Choisir que ce mouvement se fasse de manière toujours plus rapide. Comment ? Eh bien par exemple en choisissant de cesser d’être aussi auto-punissant, en choisissant de cesser de serrer toujours un peu plus ce cilice pour l’âme qu’est la culpabilité. Elle devient telle une drogue dans la vie de certains. Ce n’est plus à la faute qu’ils sont accro, c’est à ce qui suit. Ce sentiment désagréable envahissant le corps tout entier et donnant la sensation d’être en vie, la sensation seulement. Est-ce la vraie vie ?  Dans mon système de croyance, non. Est-ce à ce point une utopie de croire que nos actions peuvent être motivées par toute autre chose que la peur de la culpabilité ou le plaisir d’enfreindre tout et n’importe quoi. Nous sommes à mon sens, capables, individuellement, d’être la seule autorité valable pour nous même dans cette vie. Cela exclut-il la loi ? Non, bien sûr. Nous n’en sommes pas encore à vivre en totale harmonie les uns avec les autres. Nous sommes tous, à des degrés diverses, si indifférents à nous mêmes. Après tout, ce que nous travestissons tous au mieux, c’est notre âme.

Beith, la demeure, c’est aussi notre corps de chair. Cette lettre est utilisée aussi en tant que circonstanciel de lieu. « B Liège », à Liège. Découpons ce mot, la tradition l’autorise. Ce texte, pour être interprété du point de vue de la tradition Juive, doit être abordé dans la langue à la l’aide de laquelle il a été écrit. Lorsqu’il y a quelques siècles, les rabbins comprirent que la terre était bel et bien ronde, ils se sont penchés sur le texte. Sûrs qu’il ne pouvait-être que vérité ils ont cheminé vers une compréhension plus grande. Qu’est-ce que cette récente réalité scientifique pouvait leur apprendre ? A côté de quoi étaient-ils passés ? Ils ont choisi la voie de l’acceptation plutôt que celle de l’antagonisme et ce fût un ravissement d’enseignement qu’ils en retirèrent. Quelle sagesse. Beith est donc aussi le lieu, je dis aussi car dans la grille de lecture de la tradition chaque mot peut revêtir 32 significations simultanément. Voire plus, trente-deux est une valeur symbolique. Trois plus deux font cinq, ce chiffre symbolise que le moment est venu de réévaluer, c’est ce dont il s’agit, il est toujours possible de pénétrer plus avant ce que le texte cherche à nous dire. La vérité peut donc se conjuguer au pluriel. Beith est donc à la fois la maison, le corps, la dualité et le lieu. Le lieu se dit MaQoM en hébreu. Prenons quelques minutes pour s’intéresser aux pierres façonnant ce mot. Mem représente l’eau nos profondeurs, mayim, les eaux, le « qof » représente l’être humain se laissant harponner par le divin, celui qui est en connexion avec sa vérité intérieure. Mem, à la fin d’un mot, change de forme, de valeur et devient mem final, représentant l’accomplissement de ces profondeurs. L’accompli ne fait pas partie de ce monde. S’il n’y a plus de mouvement, il n’y a plus de vie. Le lieu c’est donc aussi le mouvement de la vie. Ce lieu où nous pensons être un fétu de paille balloté au quatre vents. Nous pouvons faire le choix faire le choix d’aller à la rencontre de nous-mêmes et d’accepter toutes les choses, même les plus horribles que nous ayons faites, comme ayant valeur d’enseignement. Et non comme un cinglant martinet à l’aide du quel nous nous auto-flagellons. Beith, la demeure, le lieu (nous venons de voir ce que cela signifie), mais c’est aussi l’initiale du mot barouk, bénir. Toute la création est donc bénie.

A suivre

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décembre 13, 2009

Un plombier heureux.

Manger sa soupe, poudre aux yeux mouchetée de pain. Le pain racle le bol vide déjà, dire qu’il fût si peu rempli. Il nous quitta prestement laissant derrière lui un goût de trop peu.

Et puis merde, ce slogan est nul. La onzième tentative lamentable de ce soir. Il est trois heures du matin, il me reste deux clopes, une tasse de café. Il faut que je sorte. Et demain, je cesse de me prendre pour un publicitaire raté. Demain, je serai un plombier heureux, ou autre chose. Je serais jusque là un noctambule en pantoufles. Le peignoir ferait mauvais genre. J’ai opté pour un ciré jaune, et le chapeau assorti. Heureusement, le temps est d’une humeur jumelle à la mienne. Il pleut.

Il faut une quête pour se promener le soir. C’est la loi en vigueur chez nous. Les agents de l’ordre en ont une, s’assurer que tout les badauds soient occupés à la leur. La mienne sera d’en trouver une en chemin. Elle sera parfaite, d’ici à ce que j’en trouve une plus palpitante. Je ramasse les cigarettes et ne finis pas le café froid. Deux étages pour être dans la cave, un seul pour être dans la rue. Petit détour spiritueux, descendre m’a donné soif la soif a éconduit mon intérêt. C’est en compagnie d’une bouteille, de la lune et d’un poivrot (la loi est ainsi faite), que le pacte fût conclut. « Je m’engage à ne pas trouver le repos avant d’avoir finit de me délecter de ton nectar. » Ses lèvres contre les miennes, mes petits suçons, les frissons qu’elle me procure.

Cette pluie n’avait rien de tropical, si ce n’est le côté humide. Peut-être aussi le côté hostile de certains des autochtones rôdant là où elle s’abat. Personne à l’horizon cependant. Plus de lune non plus. Déjà que fort pudiquement emmaillotée dans les nuages, la voilà maintenant disparue en leur sein. À quelles pensées coquines se livre-t-elle donc ? C’est enfin établi par le monde scientifique : « Elle se cache quand elle rougit de honte. Peut-être rêve-t-elle d’un bilboquet qui pour un instant lâcherait le boulet auquel il est attaché depuis si longtemps. Un instant, quelques heures, une nuit. Elle s’en fout la lune. Elle voudrait juste un « je ne sais quoi » dont aucun mot ne peut rendre cas.

Toutes ces pensées érotiques me font me rappeler qu’il est impossible de choisir entre le pantalon ciré jaune et celui chamarré de motifs éléphant rose et bleu. Ne m’étant pas offert le cadeau du temps, l’idée de me rendre à la cave rendant le reste désuet… Je suis satisfait de m’apercevoir que mon habit tombe un peu bas. De telle sorte qu’il est presque impossible de remarquer l’absence de slip.

Ma bouteille et moi cheminâmes ainsi. Chevalier des temps moroses, moi. Mon fidèle destrier, elle. C’était sa première fois avec un garçon pour cette bouteille. Bien que je connaisse bien les flacons, cette marque m’est inconnue. Je me veux bien sûr rassurant, et devant elle, je joue l’habitué. Elle fait mine de me croire. Elle fait ça mieux que moi, je ne m’aperçois de rien. Elle m’enivre, ses baisers sont de feu et j’en garde le souvenir presque jusque dans l’estomac.

Tout est toujours très beau au début d’une histoire. Cette passion consume notre raison. La mienne devient floue, les siennes d’exister s’amenuisaient. C’est trop tard que je m’en aperçus. En une gorgée goulue, elle passa de quête à trépas. Pas le temps d’un adieu, ni celui des regrets. S’il avait vu la fin avant le début, il en aurait fait un commencement. C’est ce qu’il crie dans sa soulographie, et, mi gêné, mi sadique, il s’écrie : « Après tout, peu importe le flacon, tant que j’ai eu l’ivresse ».

Il me faut trouver une autre obsession, un but à poursuivre, une raison d’être dehors alors qu’il fait nuit. Je vais chercher des œufs. C’est assez vague pour élider toutes questions embarrassantes. « Ces œufs monsieur, ne sont-ce pas les vôtres ? » Et de répondre confiant : « Je le souhaiterais tant. ». Personne ne doit savoir tout l’ennui que je trompe lors de mes épopées nocturnes.

Lorsque je serai las, que le crépuscule se fera tout près d’être là, je sortirai les œufs blottis dans ma poche tout près des cigarettes. J’en saisis une et l’allume, je suis ivre, quel plaisir. Les longues marches m’ouvrent l’appétit. Deux œufs crus, dès le matin, c’est excellent pour la santé. Moi, je les digère mieux cuits et attendrai d’être rentré.

Derrière toute cette histoire, il y a une personne endormie, elle rêve. Est-ce un homme ? Une femme ? C’est important ? Ce sera ce que vous voudrez. Cette histoire, c’est vous aussi, parfois. C’est moi aussi, quand je rêve ma vie et que ça me prend tellement de temps que j’oublie de vivre mes rêves. L’émotion est un moteur, se passer d’émotion, c’est manquer d’énergie. Et si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie. Je me demande à quoi ça rêve un plombier heureux ?

Christophe Braloup

décembre 8, 2009

Mi pute de luxe, mi punkette…

C’est pour elle que j’écris, et pour moi aussi. Espérant à demi-mot qu’elle lira ces lignes, qu’elle ne se reconnaitra pas.

Ma vie est faite de nombreux de ces instants magiques. Vous savez de quoi je veux parler ? Ces moments où l’on croit que le hasard articule d’étranges arcanes en se jouant du temps. Tous nous avons vécu des moments extraordinaires. Ces histoires sont souvent remplies de toujours, de jamais, de « d’habitude » et de bien d’autres qualificatifs fort évasifs. Nous nous en souvenons, et allons même parfois jusqu’à les vivre, comme si nous n’avions pas choisies ces aventures. C’est peut-être vrai… Le moins possible toutefois dans mon système de croyances.

Je pourrais essayer de vous faire croire, de me faire croire, que c’est par pur hasard que la punkette et moi nous sommes trouvés dans le même wagon. Assis de telle sorte que bien présents dans nos champ de vision. Je me mentirai et probablement ne me croiriez-vous pas.

Elle a des cheveux blonds, trop usés pour que cette couleur soit d’origine. Un grand sac sur le dos, un pull en laine suffisamment long pour couvrir ses fesses et au-delà. Elle est jolie ? Je dirais charmante. Un grand corps fin, sans être maigre. Des rondeurs qu’elle articule avec une grâce savamment dosée… C’est là tout le charme.

Il y a deux facteurs qui déterminent le prix demandé par un ou une professionnel du sexe. Sa capacité à séduire, et le niveau de désespoir au moment de sa vie où ils déterminent son prix. Plus le désespoir est grand, moins la capacité de séduire a de la valeur. Le rapport prestataire de service, client, se monnaie sur base de l’estime qu’a le vendeur de lui-même. Le marchand et le temple se confondent. Est-ce ça qui est tellement choquant ?

Sur le quai déjà nous nous étions aperçus. Elle est arrivée une minute ou deux avant le départ du train. Affublée d’un personnage joué à la perfection. En lettres capitales sur son visage était écrit : « Comment vais-je m’en sortir ? » Nous empruntons la même porte pour embarquer et dans ma tête, c’est très clair. Si elle prend à droite, je ferais connaissance avec elle. Si elle prend à gauche, je la suivrai peut-être. Elle a choisit de prendre à droite. J’ai choisi de faire sa connaissance.

Savez-vous que le corps peut parler ? Savez-vous qu’il parle même énormément. Il est bavard plus encore que le plus intarissable puits de parole que vous connaissiez. Nos corps se parlent, ils s’entendent et se répondent, sans même, le plus souvent, que nous en soyons conscients.

Ce pull, ni trop épais ni trop fin, souligne ses courbes qu’elle sait placer dans l’espace. Ce n’en est pas moins un jeu, j’ai nommé séduction. Un jeu sans naïveté, ou très peu, tout est sous contrôle. Elle est mi punkette, mi autre chose…

Comment le mot « pute » est-il devenu une insulte ? Georges Brassens se pose la même question au sujet du con dans sa chanson Le blason. Quelle drôle d’idée, faire d’un corps de métier une insulte.

Il y a de l’éducation dans ses mouvements. Un apprentissage qui se fait sur le terrain du : « Il faut plaire pour survivre ». Impossible de savoir ce qui me fait me le dire. Elle est mi punkette, mi autre chose…

Les clients de ces prestataires de service spécifiques et particuliers sont des clients. Lubriques, vicieux, malades, rien de bien insultant. Pour peu, ce serait presque une qualité remarquable que d’aller voire une pute.

Qui elle est vraiment ? Elle l’a gardé pour elle. Nous avons durant les quelques heures passées ensembles, très peu parlé. Elle a partagé les projets qui lui tiennent à cœur, comment elle les finance, et du rêve vers lequel elle se dirige. Nous n’avons pas fait l’amour, ni même dormi ensemble. En avais-je envie ? Probablement. Cela aurait-il servit notre plus haut bien ? Peut-être. Elle est mi punkette, mi pute de luxe. De quoi est-elle coupable ? De marchander la réalisation de fantasmes de messieurs fiers d’avoir les moyens de s’offrir une marchandise réservée à l’élite ? De financer sa liberté en se privant de son corps ?

Y aurait-il en nous, quelque part, une ou un prostitué tapis, sachant jouer de son corps et de son esprit ? C’est un moyen facile d’obtenir ce que l’on désire, en s’oubliant, ou en faisant comme si. Si facile de donner à l’autre ce qu’il veut entendre pour obtenir en retour ce que nous voulons. La prochaine fois que vous entendrez ces mots honteux, pute, putain souriez, soyez heureux. Et surtout, si vous y pensez, faite une prière, envoyez de l’amour, quel que soit le moyen. Chacun selon son système de croyance. Une pensée d’amour voyage bien au-delà de ce que nous imaginons. Est-ce l’autre que nous jugeons durement ? Est-ce nous à travers l’autre ? Le reflet dans le miroir, mon prochain ? J’ai eu la chance de vivre des moments très intimes avec des prostitués des deux sexes. Je vous le demande une fois encore, si vous y pensez, envoyez-leur de l’amour. Ils en vendent, c’est le terme technique pour élider le mot sexe de ce marché. Et pourtant, ils en manquent cruellement.

La punkette est partie, effrayée, aux petites heures du matin. Un homme l’avait accueillie, l’avait écoutée. Est resté impassible lorsqu’elle lui a fait par de sa fonction dans cette société. Lui a donné l’occasion de dormir, seule, de se reposer à l’abri. Cet homme n’a rien attendu, rien. Elle est partie effrayée, sans un sourire, sans baiser. Il avait fait le choix de l’accueillir, elle ne devait rien.

Elle est mi punkette, mi pute de luxe. Elle a choisit le prix de sa liberté. Elle n’aime pas ce qu’elle fait, ainsi que le travail de manière générale, et gagne très bien sa vie. Elle se prostitue ce qu’il faut pour le reste du temps être simplement, une punkette.

Fille du nord, si malgré tout tu te reconnais, qui sait ? Mi pute de luxe, mi punkette, je te le dis, discrètement à la fin du récit. Lorsque je te regarde c’est ni la punkette, ni la pute que je vois. C’est une fée muselée, derrière ta carapace, murmurant silencieusement qu’elle t’attendra le temps qu’il faudra.

3H33 A.M.

05-12-2009

juillet 7, 2008

E-book gratuit.

Filed under: e-book gratuit — braloup @ 8:25
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Bonjour,

vous trouverez ci-joint un lien vous permettant de télécharger un roman gratuitement.

Ce livre, je l’ai écrit il y a queleque mois, si c’était un film, il serrait probablement interdit au moin de 16 ans, soyez donc prudent, il peut heurter les bonne moeurs, certain passage seulement…

Pour télécharger gratuitement cet e-book, il vous suffit de vous rendre dessus à l’aide de votre souris, cliker sur le bouton droit, choisissez l’option enregistrer la cible sous, et rengez le où bon vous semble…

Le présent livre es tprotéger par la lois sur la propriété intellectuel, vous pouvez le faire circuler àla condition expresse de le faire de manière entièrement gratuite…  Enchaînez moi, que je puisse vivre…

Voici un cour extrait, les premières pages…

Belle lecture…

Dimanche

Notre rencontre était des plus banales. Sur un forum de discussion comme il en existe une multitude, un soir où la solitude était plus aigüe que les autres fois. Je ne suis pourtant pas un fervent partisan de ces outils, le mensonge y est trop facile. Un miroir aux alouettes où il suffit pour séduire de s’inventer une vie. Si notre front rougit de honte, on peut le cacher derrière des mots aux angles arrondis. Notre interlocuteur entend nos propos du bout des yeux, il les boit. L’écran d’un ordinateur serait-il un des derniers endroits où nous sommes prêts à prêter un peu de temps à l’un ou l’autre de nos contemporains ? Heureusement j’ai su mettre de côté cette verve derrière laquelle je me cache pour lui parler. Elle avait un ton plutôt rieur, ce qui me plut. C’était ma première fois, mais je ne lui ai jamais avoué, c’est surtout pour moi que quelque chose aurait été différent, orgueil de mâle je suppose.  Ce qu’on peut parfois être stupide, heureusement il y a le masque du pseudo, comme il est facile de devenir une autre personne. Comme c’est confortable, moi qui suis si froid, si fermé. Mon ex-épouse me l’a souvent reproché, heureusement, je ne lui ai jamais fait d’enfant.

Ma vie est d’un commun triste à pleurer, un peu comme tout le monde, j’ai tout de même envie de la partager avec vous, mais je vous préviens, peut-être allez-vous vous ennuyer un peu…

Je vous demande un peu d’attention, je suis un habitué de l’exercice. Je ne sais pas écouter les autres, ils m’ennuient. J’aimerais tant être différent de la masse. Je suis pourtant un pur produit de la société. Elle paraissait si différente, je me suis pris au jeu, je me suis rendu de plus en plus souvent vers le clavier pour la visiter. Mon travail n’a rien de passionnant, et me laisse trop de temps pour réfléchir.

 

– Cécile, c’est l’heure, on y va.

– Oui. J’arrive, une seconde.

– On est en retard !

– Ils ont l’habitude. J’arrive.

Pas tous les jours facile de vivre avec son frère lorsqu’on a vingt-quatre ans, je n’avais pas le choix, je suis partie de chez les parents pour vivre avec Étienne, c’était bien au début. Maintenant, c’est fini, le temps de me retourner, c’est Julien qui m’héberge. Il s’évertue à essayer de faire de moi quelqu’un de ponctuel, je crois que c’est vain.

– Cécile, je pars sans toi.

– Oui, et tu expliqueras aux parents que tu as abandonné ta petite sœur, si fragilisée par sa rupture…

– Éteins cet ordinateur et descends, je ne plaisante pas.

Cécile pianote sur le clavier :

– Je dois te laisser, je me rends au  sacro-saint repas dominical chez mes parents avec Julien, beaucoup d’ennui en perspective mais je peux difficilement y couper…

– Au revoir ma tulipe. Je te croise tout à l’heure, quand tu rentres ?

– Non, demain, Julien doit travailler sur l’ordi et moi je me lève tôt.

 

Je sais ce que vous devez penser, ma tulipe c’est un peu ringard, mais il faut avouer que c’est original. La vie est tellement banale au quotidien. Mon métier, c’est de regarder des petits écrans toute la journée pour vérifier les allées et venues d’employés qui se savent surveillés. Ils ne nous aiment pas, s’ils pouvaient, ils nous les feraient manger nos caméras. Nous, à notre manière, on fait tout pour que les choses ne s’arrangent pas.

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